N'avouez jamais que vous jouez du ukulélé.
Vous perdrez vos amis, votre famille, votre emploi. Il ne vous restera plus qu'à passer vos journées dans votre sordide meublé, en restant en pyjama pour surfer sur le forum en mangeant des pizzas surgelées jusqu'à ce qu'on vous coupe l'ADSL pour cause de facture impayée.
Et là... c'est la fin.
Georges X. témoigne :
"Autrefois, j'étais gai, enjoué, grâce au violoncelle. Aujourd'hui, je suis aigri, mauvais, j'en veux à la Terre entière. L'oukoulélé a précipité ma déchéance. Déjà qu'avec mon physique j'avais du mal."
Valéry S. se confesse :
"Avant le luth et la guitare baroque m'apportaient reconnaissance et respectabilité ; mais ça, c'était avant. Maintenant je suis dépendant de cette petite guitare ridicule, je me dois d'enregistrer cinq morceaux par jours devant mon buffet sinon je dois augmenter ma dose d'antidépresseurs. Ma femme me délaisse et je dois me rabattre sur mes brebis. Mais jusqu'où résisteront-elles ? Aidez-moi s'il vous plaît."
Sesska B. avoue :
"J'étais le roi, je toisais le monde du haut de ma contrebasse. Désormais, je dois me cacher dans des grottes pour jouer sous peine de recevoir un coup de fusil des voisins."
Luke O. nous confie :
"C'est l'enfer. Sans ma blouse et mon entonnoir je me sens nu, je ne peux pas jouer du ukulélé autrement. Et c'est l'engrenage, j'ai aussi plongé dans la flûte à nez, le mélodica et le kazoo. Ma famille me renie. Les psychiatres ont jeté l'éponge. Toutes les cures de désintox ont échoué. Le seul avantage réside dans la cellule capitonnée qui absorbe bien le bruit. Jeunes, ne commencez jamais l'oukoulélé, après, c'est l'escalade."